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Quatre projets pour mieux connaître le patrimoine tunisien.

SMYRNELIS Marie-Carmen
Le Ministère tunisien de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et les équipes de l’Institut National du Patrimoine ont choisi de présenter quatre sites emblématiques du patrimoine tunisien : deux sites archéologiques antiques (Oudhna et Dougga) et deux médinas (Tunis et Sousse).

Les quatre sites sur lesquels travaillent le Ministère tunisien de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et l’Institut National du Patrimoine, dans le cadre de leurs activités au sein du programme STRABON, décrivent la diversité des richesses patrimoniales (archéologiques, architecturales, artisanales, etc) tunisiennes depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, et prennent en compte toutes les périodes de l’histoire de ce pays.

Le patrimoine islamique à Sousse

Responsable : Mourad Rammah.

Le projet sur la médina de Sousse insiste davantage sur l’importance du patrimoine islamique de cette ville, à partir du thème choisi de la visite : ribat (fortifications) et spiritualité ; ce sont les principales mosquées et les monuments à caractère militaire qui y sont présentés afin de mettre en évidence la spécificité de cette ville pour la Tunisie en raison de sa double vocation militaire et religieuse –une spécificité qui explique son inscription en 1988 sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité. Sont présentés, par là même, des trésors de l’art musulman, conservés dans ces mosquées et monuments et souvent encore méconnus.

Mise en valeur de la médina de Tunis

Responsable : Radhia Ben M’Barek.

Pour sa part, le projet sur Tunis propose un parcours dans la médina à travers l’axe nord-sud de la ville qui permet d’en découvrir les principales rues, les souks, les mosquées, les écoles coraniques, etc, donc d’en percevoir la diversité des types de monuments (religieux, profanes, culturels, etc) et des styles de constructions, entre VIIe et XXe siècles. Cet axe de visite a été choisi en raison du rôle qu’il a joué dans la croissance urbaine de la ville depuis le XIe siècle et parce qu’il rassemble un grand nombre d’exemples représentatifs de la richesse patrimoniale, architecturale, artisanale, historique de cette médina.

Le parc archéologique d’Oudhna

Responsable : Habib Ben Hassen.

A la suite des récentes (depuis la fin des années 1980) campagnes de fouilles archéologiques du site Oudhna (longtemps tenu à l’écart de toute grande intervention archéologique en Tunisie), le projet qui lui est consacré dans le cadre du programme STRABON souhaite le faire connaître à un public aussi large que possible : il en présente les monuments publics et privés, les nécropoles ainsi que l’industrie de la céramique de l’antiquité tardive ; il resitue le site dans les relations qu’il entretient avec son arrière-pays et avec la ville moderne la plus proche et en suit l’histoire et l’occupation aussi bien à la période arabo-musulmane que sous le protectorat français.

Dougga ou le patrimoine au service du développement

Responsable : Mustapha Khanoussi.

Le quatrième projet proposé par le partenaire tunisien du programme STRABON concerne Dougga -un des meilleurs exemples de l’adaptation d’une cité de fondation numide au modèle urbanistique romain, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997- sous ses multiples facettes : son histoire depuis l’époque pré-romaine jusqu’à la période byzantine y est retracée ; une visite virtuelle (grâce à des illustrations, des reconstitutions 2D et 3D) du site dans son intégralité et de ses différents éléments en est proposée ; les éléments de sa riche collection épigraphique, une des plus importantes et des mieux conservées du monde romain, y sont décrits ; et enfin le projet de parc archéologique national que les autorités tunisiennes souhaitent y créer y est présenté.


A travers ces quatre projets, il s’agit pour les deux partenaires tunisiens qui en sont les initiateurs de faire prendre conscience à la population tunisienne de la richesse et de la diversité du patrimoine du pays sur la longue durée.

Il s’agit aussi de la sensibiliser, dans chaque cas particulier, aux dangers qui menacent son authenticité et sa spécificité : dans le cas des projets sur les deux médinas, ces dangers sont provoqués par l’évolution rapide du secteur touristique et la frénésie de constructions nouvelles qu’elle entraîne dans la médina elle-même. La volonté de créer des parcs archéologiques aussi bien à Oudhna (pour profiter de ce site exceptionnel qui s’étend sur plusieurs vallées dans un paysage très peu urbanisé) qu’à Dougga, comme la réflexion entreprise, à partir de ces deux projets, sur les rapports qu’entretiennent un site et la population locale (en particulier grâce à l’exemple de Dougga et des rapports souvent conflictuels qu’entretient la population, depuis le début des fouilles au XIXe siècle, avec le site) répondent à la volonté des autorités tunisiennes de valoriser l’ensemble de son patrimoine en terme de développement national et local mais aussi de proposer un modèle de tourisme de qualité (durable et éthique).

Mais cette prise de conscience doit aussi toucher les milieux éducatifs et les voyageurs. D’où la sensibilisation des étudiants à la nécessité de mettre en valeur et mieux conserver ce patrimoine : ainsi, le projet sur la médina de Sousse sollicite des étudiants en art islamique et les fait travailler sur l’architecture militaire en Ifriqiya. D’où aussi les visites virtuelles originales pour chacun de ses projets, afin d’attirer de nouveaux voyageurs, intéressés par l’ensemble des périodes de l’histoire tunisienne.

Les résultats de ces projets sont consultables en ligne à l’adresse suivante http://tunisia.strabon.org.
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