Itinéraires culturels et naturels en Algérie
Tourisme en habitat traditionnel

Chacun de ces deux itinéraires -l’un culturel, l’autre naturel- invite les voyageurs à une découverte originale du l’Algérie et de ses patrimoines (dans un cas, culturel et immatériel, et dans l’autre, naturel).
Le sud-ouest algérien
Continuité géographique, singularité des paysages, épaisseur historique, homogénéité culturelle et grande richesse patrimoniale sont les traits significatifs du sud-ouest algérien qui est demeuré à l’écart des grands bouleversements socio-économiques que connaît le pays. Cette région qui représente une partie importante du territoire national, est constituée par des villages fortifiés à l’architecture traditionnelle, les ksours, habités par une grande partie de la population du Sahara algérien. Riche d’histoire, elle offre aussi aux voyageurs la possibilité de découvrir les bibliothèques privées ancestrales de grands érudits, les zaouias, comme l’un des 200 sites où sont conservées des peintures rupestres qui datent de la fin du néolithique nord-africain (2500 à 1000 avant Jésus-Christ), et témoignent d’une présence humaine franchement visible à travers les représentations de bovidés et d’antilopes oryx.
Dans un contexte d’essor des recherches en Algérie, sur le patrimoine et la mémoire collective du pays, ce projet sur le sud-ouest algérien permet d’une part, de combler une lacune importante de la recherche scientifique : celle sur ces villages fortifiés du Sahara. Le travail d’inventaire et de recherche documentaire entrepris à partir de l’ensemble des sources disponibles sur cette région, les publications et l’organisation d’un séminaire concernant la préservation de son habitat qu’il a permis de mettre en oeuvre comme le travail sur le terrain qu’il encourage (travaux de conservation, de restauration et de rénovation) contribuent à faire mieux connaître le rôle qu’ont joué ces villages dans le développement des villes sahariennes.
Mais d’autre part, un tel projet a pour objectif de faciliter la prise de conscience de la valeur culturelle et touristique que cet espace représente pour l’Algérie : pour les populations locales de la région concernée (dont l’activité peut être redynamisée grâce aux nouvelles activités offertes par une telle mise en valeur de cette région) ; pour le milieu éducatif (grâce aux stages pratiques réalisés par les étudiants sur le terrain) ; pour les voyageurs qui souhaiteraient s’y rendre, etc. Sur le plan touristique proprement dit, le « tourisme de type familial » qui est proposé aux voyageurs a pour principal mérite de favoriser l’émergence d’un tourisme basé sur l’appropriation de la culture et du patrimoine local, respectueux des lieux et des hommes, et non un tourisme de masse dont les effets néfastes constituent un réel risque pour l’environnement socioéconomique et naturel du pays d’accueil.
Les zones humides algériennes
Le deuxième projet proposé par le partenaire algérien du programme STRABON s’inscrit dans la même perspective : faire connaître les zones humides algériennes. Ces zones humides, situées aussi bien dans le nord que dans le sud du pays, représentent une partie encore trop ignorée du patrimoine algérien, en dépit de l’importance de leur superficie et de la richesse de leur faune et leur flore.
Longtemps considérées avec préjugé par les Algériens eux-mêmes, leur inscription sur la liste des zones humides d’importance internationale au sens de la convention RAMSAR (pour une utilisation durable au bénéfice de l’humanité d’une manière qui soit compatible avec le maintien des propriétés naturelles de l’écosystème) a permis de marquer un tournant dans leur perception en Algérie et dans le monde : elle leur confère, en effet, le prestige d’être reconnues au niveau international et oblige le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le maintien de leurs caractéristiques écologiques spécifiques. Cette reconnaissance internationale devrait leur permettre aussi de drainer des projets, nationaux et internationaux, nécessaires à leur gestion rationnelle, et constituer, en outre, une excellente motivation pour l’élaboration d’une véritable politique des zones humides en Algérie.
Faire connaître ces zones signifie à la fois permettre l’accès sur internet au plus grand nombre en leur fournissant des informations sur les possibilités de découverte, les moyens d’y accéder et les conditions d’hébergement et de restauration mais aussi sur les espèces rares qui s’y trouvent. Le changement de regard sur les zones humides algériennes devrait rendre possible, à terme, leur réhabilitation sur le plan touristique et économique : création d’emplois et lutte contre la pauvreté de ces zones longtemps enclavées ; attraction pour des professionnels du secteur du tourisme, algériens ou étrangers, désireux d’y investir dans la perspective de valoriser un tourisme de qualité, respectueux de l’environnement ; attraction pour les voyageurs.



