Débat organisé par le Comité Scientifique et Technique
Patrimoines et Dialogue Interculturel en Méditerranée
DEUXIÈME réunion du Consortium STRABON - Delphes 19-23 juin 2003 - Centre Culturel Européen de Delphes.
Organisé par le Comité scientifique et technique du programme Strabon, ce débat a réuni cinq membres de ce Comité et une représentante d’un des partenaires du Consortium. Cinq exposés libres s’inscrivant dans le cadre des problématiques développées par STRABON y ont été présentés.

Maurice AYMARD, Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et Administrateur de la Fondation Maison des sciences de l’homme. Président du Comité scientifique et technique de STRABON
Avec la participation de :
Harald WEINRICH, Professeur honoraire au Collège de France. Membre du Comité scientifique et technique de STRABON
Maurice GODELIER, Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Membre du Comité scientifique et technique de STRABON
Daniel THEROND, Chef de la division du Patrimoine culturel et Secrétaire du Comité directeur pour le patrimoine culturel, Conseil de l’Europe. Membre du Comité scientifique et technique de STRABON
Abdelaziz TOURI, Secrétaire Général au ministère marocain de la Culture. Membre du Comité scientifique et technique de STRABON
Rabiha DABBAS, Conseillère auprès du département des Antiquités du ministère jordanien du Tourisme et des Antiquités, Directrice des relations publiques et culturelles au sein de ce département
Harald WEINRICH a ouvert le débat avec un exposé intitulé « Strabon-Idrisi. Pour un dialogue culturel entre la rive nord et la rive sud de la Méditerranée », au cours duquel, partant de l’exemple de l’ouvrage de Plutarque, Vies parallèles et commençant par établir, dans cette perspective, un parallèle entre l’historien- géographe de l’antiquité grecque Strabon et le géographe arabe Idrisi qui a vécu au XIIe siècle, il a proposé des pistes de réflexion pour établir des parallèles culturels plus nombreux entre les rives nord et sud de la Méditerranée.
Maurice GODELIER a présenté, dans ses grandes lignes, le programme ECHO-1 (European Cultural Heritage on Line), consacré à la mise en ligne de banques de données objet et société sur les collections d’objets non-européens conservées dans les musées européens et non-européens, ainsi que le prototype en cours de réalisation consacré aux Toungouzes de Sibérie.
Pour sa part, Daniel THÉROND s’est penché sur la politique développée en matière de valorisation du patrimoine par le Conseil de l’Europe et par l’Union européenne, à partir d’exemples concrets de programmes mis en œuvre, en cours de réalisation ou déjà achevés
Abdelaziz TOURI s’est intéressé aux questions de préservation, de protection et de mise en valeur du patrimoine dans une perspective de développement durable, et il a accordé une attention particulière à l’exemple marocain.
Rabiha DABBAS a clôt le débat en faisant le point sur la rencontre des experts de l’ISESCO (Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization), qui s’est tenue à Amman en mai dernier, rencontre qui avait pour objet la question de la destruction des sites archéologiques et des musées irakiens et les mesures mises alors en œuvre pour empêcher non seulement la poursuite du pillage mais aussi le renouvellement d’une telle situation.
Le débat et les questions qu’il a soulevées ont permis d’engager une vraie réflexion sur différents thèmes et d’en proposer une lecture renouvelée :
1/ le patrimoine ; sa définition ; ses significations et fonctions dans la société ; les manières de le préserver, le protéger et le valoriser (en particulier grâce à l’usage des technologies de l’information).
2/ le dialogue interculturel et la nécessité de le développer en particulier entre la rive nord et la rive sud de la Méditerranée.
3/ l’usage des technologies de l’information dans des programmes culturels ou de recherche, concernant plus spécifiquement le patrimoine, et d’une manière générale, le rapport entre technologies de l’information et sciences humaines.
4/ l’importance de la dimension juridique et économique dans les programmes s’intéressant au patrimoine.
LE PATRIMOINE
La question de la définition du patrimoine, de ses multiples dimensions, de ses significations et de ses fonctions dans une société, est de loin celle qui a fait le plus l’objet de discussions au cours de ce débat. Définition
De la diversité des exposés et des approches proposées, a pu émerger une définition complexe, multiple, de la notion de patrimoine, « une notion du patrimoine qui pose question », comme l’a souligné d’ailleurs Maurice Aymard lors de l’une de ses interventions. Le patrimoine qui peut être matériel ou immatériel, architectural ou archéologique, rural ou urbain, religieux ou civil, etc. Le patrimoine qui ne comprend pas que les collections des musées mais aussi celles privées, ainsi que le constate Maurice Aymard qui a alors suggéré aux responsables du programme Strabon qu’à côté d’un travail sur les collections et les musées, soit entrepris un travail parallèle sur les pièces qui passent sur le marché de l’art. Le patrimoine dont les dimensions sont nécessairement plurielles selon qu’on l’envisage du point de vue du développement économique, du dialogue inter-culturel ou encore de l’accès de la culture au plus grand nombre, comme le fait remarquer Daniel Thérond ; ou selon que l’on y intègre aussi la dimension recherche (qu’elle soit archéologique, ethnologique, sociologique ou technique) pour Abdelaziz Touri ; selon la rive de la Méditerranée où l’on se situe, pour citer, encore une fois, Abdelaziz Touri lorsqu’il fait état du niveau différencié de conscience et de prise de conscience que chaque pays a du patrimoine ; enfin, selon l’approche que l’on privilégie. D’où l’intérêt de superposer les niveaux d’analyse lorsque l’on traite de cette notion de patrimoine.
Le patrimoine est d’abord une construction : une construction faite par une société à un moment donné de son histoire, comme le rappelle Maurice Aymard reprenant les conclusions des exposés d’Harald Weinrich, de Maurice Godelier et de Daniel Thérond.
Cette idée forte permet de mieux comprendre d’une part pourquoi l’exposé d’Harald Weinrich a étroitement lié la réflexion sur le patrimoine à celle sur le classicisme, c’est-à-dire « au repérage des moments que chaque culture a identifiés comme représentant un moment idéal sur le thème des contenus et des valeurs, moment qui est ensuite placé au cœur du système d’enseignement, donc de reproduction des savoirs » pour reprendre les termes de Maurice Aymard. D’autre part, pourquoi dans son intervention, Daniel Thérond s’est plus particulièrement interrogé sur la signification du patrimoine dans une société en profond changement, en particulier lors de changements économiques liés au développement des industries numériques et à l’exploitation virtuelle de l’image du patrimoine. Cette construction du patrimoine passe par des procédures de sélection et de reconstruction, procédures qui renvoient à la question des bases de cette sélection, des bases de ces choix successifs. Maurice Godelier a longuement développé cette problématique du patrimoine comme construction qui était au cœur de sa réflexion et du programme ECHO-1 qu’il a présenté : les quatre perspectives à partir desquelles est analysé chacun des objets sélectionnés d’une société donnée (société pour laquelle est créée une banque de données) : la provenance de l’objet, sa nature et son usage dans sa société d’origine, ses attributs qui en font un objet d’art et enfin la description de la société qui l’a produit, s’inscrivent dans cette perspective.
Mais par-delà ses multiples dimensions, par-delà la complexité de sa définition, le patrimoine doit, de toute façon, être envisagé comme un tout, selon Daniel Thérond et Abdelaziz Touri. Ce dernier insiste d’ailleurs sur le fait que la mise en place d’une politique sur le patrimoine doit intégrer « de manière égale et interpénétrable, les dimensions scientifiques, techniques et économiques » de celui-ci. Préservation, protection, valorisation
Le patrimoine est, avant tout, « un domaine très sensible et fragile, une ressource non-renouvelable », et cela d’autant plus que l’obligation morale de chaque génération est de « léguer aux générations futures le patrimoine que nous avons nous-mêmes hérité » pour citer quelques extraits de l’exposé d’Abdelaziz Touri. Le patrimoine devrait d’ailleurs être accessible au plus grand nombre, ainsi que le remarque Daniel Thérond, qui propose que soit approfondie l’idée d’un droit au patrimoine pour tous.
Abdelaziz Touri a longuement présenté quelques-uns des dangers qu’encourt, à son sens, le patrimoine : dangers liés à la planification hâtive des programmes et des actions ; à l’atteinte de l’intégrité des sites ou à la falsification de l’histoire, par des guides ou des responsables de sites, peu scrupuleux ou mal formés ; à « la célébration du modernisme sans frein et à la course au développement élevé au rang de concept intangible, que les planificateurs de l’aménagement du territoire mettent beaucoup d’énergie à faire admettre » comme l’affirme Abdelaziz Touri. Dangers sur lesquels revient, de manière concrète, l’exposé de Rabiha Dabbas en présentant les pillages commis en Irak, il y a quelques semaines, dans les musées et sur les sites archéologiques. Maurice Aymard a souligné alors l’impact de l’affaire irakienne qui est venue rappeler à l’opinion publique mondiale à quel point les nations supposées les plus évoluées peuvent être indifférentes au patrimoine des autres alors que ceux-ci prétendent le conserver.
Le patrimoine doit donc être préservé, protégé, conservé, valorisé, comme plusieurs exposés l’ont montré : celui de Daniel Thérond en rapport avec la politique de valorisation du Conseil de l’Europe, en particulier à partir des chartes, conventions et recommandations qui ont été élaborées au cours des dernières années (comme la charte de Vérone sur les biens culturels et le tourisme ou la convention de La Valette sur le patrimoine archéologique) ou qui sont en cours d’élaboration (comme la préparation de cette nouvelle convention sur la place du patrimoine dans la globalisation) ; celui d’Abdelaziz Touri, dans la perspective du rapport entre patrimoine, tourisme culturel et développement durable.
Abdelaziz Touri est parti du constat que le « le patrimoine, en plus du fait qu’il constitue une composante essentielle de la particularité des peuples et des communautés et la référence intangible à leur identité culturelle et civilisationnelle, constitue de plus en plus, de nos jours, un domaine dont l’intérêt économique grandit à mesure que grandit la recherche de ressources économiques nouvelles ». Il a ajouté alors que ce n’est que depuis quelques années, en particulier au Maroc, qu’il est pris en compte comme ressource nationale pouvant jouer un rôle déterminant dans le développement économique, en particulier local, et cela dans une perspective de développement durable (c’est-à-dire un développement qui « suppose la prise en compte des populations, de leurs spécificités et de leur savoir-faire » selon ses propres termes). Il s’est donc interrogé sur la manière de concilier sauvegarde et utilisation économique du patrimoine, « autrement dit, comment gérer, de manière économiquement rentable, le patrimoine, mieux le préserver, mieux le promouvoir », et cela sans pour autant tomber dans le piège de voir le patrimoine de manière purement mercantile. Dans cette perspective, il propose trois solutions : d’abord, la mise en place d’une structure administrative et de gestion unique qui soit la seule responsable des questions de préservation, de restauration, d’habilitation et de mise en valeur du patrimoine ; ensuite, l’élaboration d’une stratégie et d’une politique dynamique du patrimoine intégrant les multiples dimensions de celui-ci et accordant, par là même, une place importante à la formation d’un personnel qualifié capable de mener à bien les opérations sur le terrain (point sur lequel a insisté aussi Daniel Thérond lorsqu’il a présenté le travail accompli par le Conseil de l’Europe en matière de transmission des savoir-faire dans le cadre de plusieurs programmes européens et les formations continues, ancrées dans la pratique et sur le terrain, mises alors en place) ; et enfin, troisième solution, l’intégration intelligente de la dimension économique du patrimoine, dimension qui se décline sur les plans de la préservation, de la réhabilitation et de l’animation culturelle et touristique.
Cette dimension de préservation, de protection, de valorisation du patrimoine implique nécessairement un inventaire de celui-ci (un « inventaire raisonné » pour citer Abdelaziz Touri), comme l’exposé de Rabiha Dabbas l’a souligné d’emblée, inventaire qui peut aussi être électronique comme le fait remarquer Fathi Saleh (directeur de CULTNAT-Bibliotheca Alexandrina) au cours de la discussion. Il a insisté aussi sur le fait que « chaque pays doit faire l’inventaire électronique de son patrimoine et en faire aussi une copie pour l’UNESCO ».
En effet, l’inventaire constitue un des moyens de protéger le patrimoine. L’exemple du désastre survenu en Irak le montre bien, comme le rappelle Rabiha Dabbas : si un inventaire des objets conservés dans les musées et les sites archéologiques irakiens avait existé, les ventes illégales d’antiquités irakiennes auraient pu être évitées, du moins en partie, et faire connaître au monde l’ampleur du désastre aurait été rendu plus facile. Lors de la rencontre des experts de l’ISESCO du mois de mai dernier, 19 recommandations ont d’ailleurs été faites afin que soit établi un inventaire, aussi complet que possible, de tous les objets volés dans les musées irakiens, et que cet inventaire soit diffusé sur le site de l’ISESCO.
Dans un deuxième temps, l’inventaire permet aussi de valoriser le patrimoine. C’est en ce sens que doivent être comprises les deux questions soulevées par Daniel Thérond : celle de la valorisation du patrimoine par les technologies de l’information, compte tenu en particulier du « flou relatif qui demeure aujourd’hui dans l’usage de ces technologies pour la mise en valeur du patrimoine » ; et celle de savoir « à qui va réellement le profit de l’exploitation de cette image numérique du patrimoine ».
LE DIALOGUE INTER-CULTUREL
Si le thème du dialogue inter-culturel entre les deux rives de la Méditerranée a été abordé, de manière indirecte, par plusieurs des intervenants, c’est incontestablement l’exposé d’Harald Weinrich qui lui était essentiellement consacré comme son titre l’indiquait. Il a permis de proposer une lecture originale de ce que pourrait être ce dialogue au sein du programme Strabon et de ses contenus. Le parallèle qu’il a proposé entre deux géographes, l’un grec (Strabon), l’autre arabe (Idrisi) qui, de surcroît, n’ont pas été contemporains, avait pour objet d’imaginer « un parallélisme de grande envergure qui réunirait la rive nord (européenne, chrétienne) et la rive sud (arabe, musulmane) de la Méditerranée », comme il l’affirme lui-même, un parallélisme entre des cités, des personnages, des pensées, des thèmes de recherche etc., un parallélisme qui transcenderait aussi les époques historiques et qui ne se ferait, de toute façon, pas de manière unilatérale et uni-directionnelle. Prolongeant son idée, la culture européenne, mais en fait toute culture, pourrait être vue comme un grand réseau (un « web ») de parallélismes, littéraires ou autres, de toute espèce.
Lors de la discussion, Fathi Saleh, directeur du « National Center for Documentation of Cultural & Natural Heritage » (CULTNAT-Bibliotheca Alexandrina), a réagi à cette proposition qu’il a jugée très intéressante, établissant, à son tour, d’autres parallèles entre les rives sud et nord de la Méditerranée entre des personnages (Marco Polo et Ibn Battuta) ou entre des civilisations (l’ Égypte ancienne et la Grèce ancienne). Il a toutefois exprimé ses réserves quant à l’adoption de cette méthode dans le cadre même du programme Strabon.
TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET SCIENCES HUMAINES
L’exposé d’Harald Weinrich a clairement posé la question du rapport que peut entretenir un programme « largement embarqué dans l’informatique et le numérique » comme l’est Strabon, pour reprendre ses propres termes, avec les sciences humaines, et en particulier avec l’Histoire : selon lui, un tel programme « ne doit pas rater le rendez-vous avec l’Histoire ». Son idée d’imaginer toute culture comme un grand réseau (un « web » comme il le souligne lui-même) de parallélismes de nature diverse va dans le même sens et propose de réexaminer la question du rapport entre technologies de l’information et culture, entre technologies de l’information et sciences humaines.
Il a approfondi cette réflexion en insistant sur le rôle essentiel de la narration pour l’enrichissement d’un tel programme - rôle d’autant plus essentiel dans la société actuelle où l’information est surabondante et dès lors, n’est pas toujours facile à utiliser. Il a illustré son propos en appelant les partenaires et responsables de Strabon à se méfier d’une information sur les sites culturels présentés sous forme de « briques », donc d’une information « bloquée » (selon son expression), car trop organisée, trop structurée.
Repartant de cette idée d’H. Weinrich appelant à se méfier des informations, et plus encore du surplus d’informations, Maurice Aymard a élargi la réflexion à la notion de représentation, c’est-à-dire à l’information produite par des représentations, qui serait donc une information socialement et culturellement construite. Il a suggéré la prise en compte de cette dimension de construction et de représentation culturelle par le programme Strabon.
LA DIMENSION JURIDIQUE ET ÉCONOMIQUE
L’exposé de Daniel Thérond a, à plusieurs reprises, souligné l’importance de la dimension juridique dans les programmes européens sur le patrimoine culturel qui ont recours aux technologies de l’information : en effet, cette dimension est d’autant plus importante que pour tous ces programmes, se pose nécessairement la question des droits des images, et plus largement celle des droits de l’ensemble des documents sur le patrimoine, mis en ligne. Il a donc insisté sur la nécessité de prendre en compte cette dimension et de l’approfondir, non seulement en tant que telle mais parallèlement aux dimensions financières et économiques de ces programmes, comme le fait déjà, en partie, le programme Minerva.
CONCLUSION
Ce débat s’est situé dans l’esprit d’une vraie coopération entre représentants des pays des rives nord et sud de la Méditerranée mais aussi entre spécialistes de disciplines différentes. La nature diversifiée des exposés a favorisé aussi le dialogue entre des approches très différentes et a, dès lors, permis d’enrichir la discussion sur des questions communes.
Il a aussi été l’occasion de mettre en évidence, s’il en était encore besoin, l’importance du rôle joué par le Comité scientifique et technique au sein du programme « comme une structure parallèle de réflexion scientifique », ainsi que l’a précisé, d’entrée de jeu, Maurice Aymard. En effet, les exposés qui y ont été présentés, comme les interventions faites par Maurice Aymard à l’issue de chacun d’entre eux ou celles du public à la fin du débat, ont permis d’approfondir la réflexion, entreprise depuis le début du programme, sur plusieurs de ses problématiques essentielles et de proposer, à partir de leur requestionnement, plusieurs autres pistes de réflexion.
Enfin, sur un plan plus pratique, la présentation détaillée, au cours du débat, de deux programmes,5 consacrés aux questions du patrimoine en rapport avec les nouvelles technologies de l’information, comme les allusions faites par Daniel Thérond à plusieurs autres programmes européens (tels MINERVA, PISA et SALAMBO) ont permis à STRABON de bénéficier de leur expérience, de leurs suggestions, voire de leurs acquis, en particulier face à des difficultés communes, comme l’usage du multilinguisme, la fabrication d’un prototype, le souci de l’interopérabilité ou encore la constitution de thesaurus. En ce sens, la présentation faite par Maurice Godelier d’une part, du prototype réalisé sur les Toungouzes de Sibérie dans le cadre du programme ECHO-1, de l’autre, des deux séminaires de recherche animés parallèlement au développement dudit programme, était particulièrement intéressante pour STRABON.
Cette partie du débat a montré d’une part, l’intérêt, pour l’enrichissement de la réflexion commune, de la mise en œuvre de collaborations plus étroites entre les différents programmes s’intéressant à des problématiques voisines ; de l’autre, le nécessaire dialogue entre le travail de terrain (les programmes européens présentés proposent, en ce sens, plusieurs enseignements) et une réflexion plus théorique (telle qu’elle peut être entreprise à partir des questions posées par les exposés).



