Le Tourisme éthique
Réflexions sur le sens et les principes fondateurs du tourisme éthique, par Alain Etchegoyen
1 - Lexique et sens du Tourisme éthique
Par principe, on évitera l’expression tourisme durable. Bien qu’elle soit présente dans des conventions et codes internationaux, cette expression, calquée sur l’expression développement durable, gomme une dimension essentielle du tourisme. En effet cette activité humaine consiste à « faire un tour ». Elle est, par nature, encadrée dans le temps. Le temps et l’espace sont les deux dimensions principales qui se situent au principe de toute réflexion sur le tourisme éthique. D’une part, le tourisme se définit d’abord par un déplacement dans l’espace : le touriste voyage dans un ou des lieux dont il n’est pas habitant, c’est à dire où il n’a pas ses habitudes. D’autre part, le tourisme désigne un séjour limité dans le temps. Le touriste est en visite. Le verbe visiter exprime bien le déplacement dans l’espace et la limitation dans le temps. Le touriste n’est touriste que dans cet intervalle qui le fait partir de chez lui pour retourner ensuite chez lui. Enfin, le tourisme se confondrait avec d’autres types d’activité si une troisième spécificité ne venait lui parfaire son identité : le touriste se déplace, pendant un certain temps, pour son plaisir. De ce point de vue, on ne peut confondre l’activité touristique avec le voyage d’affaires ou toute forme de déplacement contraint par des événements extérieurs (enterrement ou maladie de proches, exploration de terres inconnues, séjour ethnologique etc.). Ces trois ingrédients (temps, espace, plaisir) permettent de cerner une activité humaine qui, par ailleurs, prend des formes très diverses (moyens de transport, types d’hébergement, activités de loisir, modes d’organisation de séjour). La notion d’éthique a été l’objet de nombreux débats. Par principe, pour éviter de compliquer l’approche du tourisme éthique, nous ne retiendrons aucune distinction entre éthique et morale. Retenons simplement que l’éthique vient du grec, la morale du latin. Dans les deux langues, les termes sont équivalents puisqu’ils concernent tous deux les moeurs (ethos, en grec). Ethique et morale, c’est comme florilège et anthologie, polymorphe et multiforme, polyglotte et multilingue. Même si maints philosophes distinguent les deux termes avec des définitions qui leur sont propres (Kant, Hegel, Comte-Sponville), l’approche du tourisme éthique ne justifie pas que la réflexion soit lestée par ces distinctions. La notion d’éthique repose sur trois ingrédients nécessaires : le bien, le mal, le devoir. Ces ingrédients sont intimement liés ensemble : c’est la distinction entre bien et mal qui implique la notion de devoir. La conscience morale ne se contente pas de l’indicatif mais suppose un impératif qu’exprime le devoir. Dans l’activité touristique, ce ne sont pas les intentions qui comptent mais les comportements. L’insistance affirmée du tourisme éthique repose enfin sur l’émergence du principe moral de responsabilité. Etre responsable, c’est répondre de ses actes ou décisions et de leurs conséquences devant ceux qui sont concernés par ces actes ou décisions et leurs conséquences. Le principe de responsabilité est un principe pratique. Son étymologie même - répondre - présuppose la présence de l’autre. Toute interrogation sur la responsabilité conduit à définir les figures de l’altérité spécifiques à chaque acte ou décision. De même que, dans l’ordre de la théorie, les notions de développement durable, de protection des générations futures sont issues du travail philosophique effectué par Hans Jonas (Le Principe de Responsabilité), la notion de tourisme éthique découle d’une vision de l’éthique fondée sur le principe de responsabilité. Dans ce principe, ce ne sont pas seulement les actes et décisions qui sont en jeu mais aussi - et peut-être surtout - leurs conséquences. Ces dernières ont pour caractéristique de se développer dans le temps, et même dans un temps long. De ce fait, c’est précisément la contradiction entre le temps court ou encadré de l’activité touristique et le temps long de la responsabilité qui constitue la dimension cruciale du tourisme éthique. De même, le tourisme implique, dans son concept même, une présence consubstantielle de l’altérité, puisqu’il consiste à ne pas rester chez soi mais à séjourner chez l’autre. Autrement dit, les deux premiers ingrédients de l’activité touristique (espace et temps) justifient les tensions du principe de responsabilité qui se formulent sur le mode de l’impératif ou du devoir. Enfin, le troisième ingrédient du tourisme, le plaisir, ajoute à ces tensions car le plaisir est de nature égoïste. Tout le rôle essentiel du tourisme éthique consiste donc à transformer des tensions qui, par nature, peuvent être négatives en tensions positives. L’approche qui est ici proposée concerne le touriste comme personne. On ne saurait donc envisager l’éthique comme un calcul d’intérêt à long terme, sur le mode idéologique identifié par la célèbre formule, l’éthique paye. Cette formule réduit la notion de devoir à l’idée d’un calcul d’intérêt à long terme. La tentation est grande de faire appel à l’intelligence plutôt qu’à la conscience morale. C’est un ressort souvent utilisé dans la sphère économique ou politique. Peut être pourrait elle se justifier dans une approche globale de l’humanité face au tourisme éthique : en se comportant bien, les hommes préserveraient, sur le long terme, les ressources humaines et matérielles des pays visités, garantissant ainsi la qualité de séjours ultérieurs. Outre que cette affirmation est en elle-même arbitraire, elle ne concerne pas la personne du touriste lui-même qui voyagera en divers lieux et temps. Il nous semble plus juste, sinon plus efficace, de maintenir de façon résolue, la sollicitation des consciences et de l’identité même des devoirs qui sont confrontés au plaisir que la personne souhaite prendre dans son activité touristique. Et s’il convient de se référer à une notion d’humanité, c’est davantage en pensant à l’humanité de l’autre qu’à l’humanité touristique. Prenons un exemple prosaïque pour poser l’alternative : circulant dans un Parc Naturel, je suis encombré par un plastique d’emballage. En le jetant dans la nature, je peux raisonner de deux façons. Si je réduis le devoir à l’intelligence, sans solliciter ma conscience morale, je raisonne en fonction d’un calcul d’intérêt à long terme : en évitant de jeter ce plastique dans cet environnement préservé, je participe à un mouvement qui permettra à cet environnement de rester dans un excellent état et je pourrai le retrouver dans cet état quelques années plus tard. Le raisonnement est faible : peut être ne reviendrai je jamais et peut être d’autres touristes le saccageront ils de telle façon que mon acte aura été tout à fait dérisoire. En revanche, un raisonnement éthique fondé sur le principe de responsabilité et des devoirs qui s’ensuivent ne procède pas de la même façon : si je jette ce plastique, je nuis à la nature qui m’est offerte et j’impose à l’autre une tâche de nettoyage. Sans penser à mon intérêt futur, la conscience, intuitivement, sait définir son devoir. Mais cet exemple est trop simple et prosaïque : si les devoirs étaient aussi aisés à définir, il serait inutile de développer le concept d’un tourisme éthique. Après tout, le problème du plastique jeté se pose aussi bien dans le parc public, situé près de mon domicile, que dans la réserve naturelle visitée en touriste. Cette remarque permet de bien préciser la singularité du tourisme éthique. A la différence des comportements responsables et des devoirs dont je peux avoir l’intuition à domicile, dans mon lieu de résidence courant, le tourisme éthique présente une difficulté particulière : le touriste ne connaît pas d’emblée cette altérité dont l’existence est, pour lui, furtive et déplacée. La responsabilité ne peut donc se fonder sur une intuition immédiate : le tourisme éthique présente des exigences originales car il concerne une altérité radicale dans le cadre d’une activité toute orientée vers le plaisir subjectif. Pour résumer en quelques mots ce qui caractérise la démarche du tourisme éthique : il a pour but de solliciter la conscience d’un homme ou d’une femme, avide de plaisir, dont l’activité singulière est plongée dans un décalage d’espace et de temps et confrontée à des situations et des personnes qu’il ignore par principe. Cette ignorance étant constitutive de l’activité touristique elle-même, la connaissance fait partie des remèdes essentiels à une inconscience naturelle. C’est en cela que le programme Strabon est nécessairement impliqué dans une vision du tourisme éthique. Le tourisme est souvent promu avec des termes qui évoquent la connaissance. Ainsi parle-t-on de découverte. Dans cette notion peuvent être impliqués les sites naturels, le patrimoine culturel ou des moeurs différentes. Face au plaisir de la découverte, les pays d’accueil ne restent guère passifs. Chacun développe une stratégie touristique d’ordre économique. Dans le monde méditerranéen, les écarts de niveau de vie entre touristes et populations locales constituent une donnée fondamentale. Le touriste consomme, achète, dépense. Bien pensée, la politique touristique consiste à lui en donner pour son argent et à lui procurer les plaisirs qu’il attend, en tant que touriste. C’est pourquoi on organise la découverte. La rentabilité, à court terme, du tourisme pose des problèmes analogues à tous ceux qui sont posés par la question du développement durable. Les relations entre l’activité touristique et des politiques du long terme négligentes ne relève pas de la responsabilité du touriste. Certes, il est souvent possible d’établir un lien entre une demande exigeante et une offre qui s’y adapte au mépris du développement durable, mais l’idée de tourisme éthique ne saurait envisager la responsabilité du touriste tous azimuts. Quand on devient responsable de tout, on n’est plus responsable de rien. Le rapport de forces qui se déduit des inégalités économiques entre le pays de résidence du touriste et le pays où il séjourne est une donnée générale dont il faut prendre conscience, comme nous le verrons mais le tourisme éthique, d’un point de vue individuel, ne peut se permettre l’arrogance d’une évaluation rapide et superficielle des comportements locaux en matière d’investissement touristique. A ce sujet, il importe d’insister sur le fait que ce développement du programme Strabon sur le tourisme éthique est focalisé sur les personnes et non sur les acteurs économiques ou les opérateurs professionnels. Pour donner un sens au tourisme éthique, nous pourrions dire qu’il consiste à contredire cette affirmation pessimiste de Jean Mistler : Le tourisme est l’industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux. (in Faubourg Saint-Antoine) 2 - Principes du Tourisme éthique Notre discours sur le Tourisme éthique a donc pour but de solliciter la conscience des personnes pour leur indiquer leurs responsabilités singulières dans l’activité touristique et les devoirs qui s’en déduisent. Par personne, nous entendons des hommes et des femmes pris individuellement, sans exclure la démarche familiale : la responsabilité des personnes est en effet moralement engagée dans le comportement de leurs enfants. Le pays étranger se manifeste souvent, dans la conscience individuelle, comme une étrangeté. Moeurs, vêtements, commerce, rites, tabous sont étrangers au touriste. La meilleure façon de favoriser un tourisme éthique s’exprime par un investissement en connaissance. Les comportements touristiques proviennent souvent d’un décalage entre les habitudes prises dans le pays d’origine et les situations nouvelles vécues dans un pays étranger. Des comportements peuvent être non éthiques en toute inconscience sans qu’ils supposent une malignité particulière. La meilleure façon de se prémunir contre des actes ou des paroles regrettables consiste à ne pas entamer le voyage touristique en toute ignorance des lieux et des hommes qu’il s’agit de découvrir. La variété des types de séjour touristique est très grande. Ces remarques ne valent que pour les séjours qui ménagent des contacts avec des habitants ou travailleurs des pays d’accueil. Mais même les séjours de pur farniente mettent le touriste au contact d’un personnel indigène. Un principe du tourisme éthique se situe dans la notion de découverte, souvent, mais pas toujours, affichée comme argument commercial. On évoque, à juste titre, le tourisme comme un dépaysement, puisqu’il s’agit d’un changement de pays. Le tourisme éthique repose sur l’idée que la découverte ne se situe pas dans la perception pure de l’autre pays et de son étrangeté. Cette perception est en effet marquée par les préjugés et prénotions de tous ordres qui sont véhiculés dans l’environnement immédiat et originel du touriste. L’altérité ne se révèle pas dans l’appréhension et le simple contact. La relation avec l’autre est toujours parasitée par les différences de statut et de situation. Par nature et par culture, le touriste, surtout dans l’espace méditerranéen, sait que son pays d’origine est plus développé et plus riche. Il peut avoir tendance à en déduire une hiérarchie culturelle et morale. Les expressions comme arriéré, sous-développé, moyen âge sont constitutifs d’un système de représentation qui classe les pays dans une échelle du temps qui correspond à divers stades historiques. Le tourisme éthique juxtapose à l’expression aller à la découverte, l’idée d’aller à la rencontre. Il est logique que des effets de surprise, vécus lors de situations inconnues dans le pays d’origine, provoquent rire et ironie quand des gestes incongrus frappent les perceptions individuelles : il peut s’agir de rites religieux effectués en pleine rue ou de simples gestes signifiant le bonjour. Dans le cadre du plaisir ouvertement recherché, le rire fait partie du séjour et les commentaires qui lui font cortège vont dans le même sens. Le tourisme peut être une formidable ouverture à l’humanité dans son buissonnement de différences. Le mot humanité relève pleinement du tourisme éthique. Ses trois sens différents y sont ramassés : l’humanité, prise en extension comme l’ensemble des hommes et femmes qui la constituent ; l’humanité dans l’acception de la nature humaine commune à tout le genre ; l’humanité enfin qui désigne une vertu cardinale pour le tourisme éthique. Autrement dit, le touriste fait preuve d’humanité quand il subsume l’ensemble des hommes sous l’idée d’une nature humaine qui les institue comme tels et les rassemble dans leur diversité. Pour que le tourisme éthique développe l’humanité des touristes, il est donc nécessaire que l’altérité soit anticipée et non seulement perçue dans la surprise d’une perception immédiate. Cette démarche suppose que la préparation du séjour touristique ne soit pas seulement affaire de calendrier, de programmation, d’occupation des journées, mais aussi affaire de connaissance. Le tourisme éthique repose sur la conviction qu’on ne trouve que ce qu’on cherche. La connaissance est souvent vécue comme une ascèse contradictoire avec la notion de plaisir intimement liée à la pratique du tourisme. De même que le tourisme éthique critique la supériorité intellectuelle et morale que s’arroge volontiers le touriste d’un pays développé, il ne saurait se contenter de poser des exigences réprobatrices et méprisantes en méprisant le tourisme beauf.. Le tourisme éthique, loin de récuser le plaisir peut l’accroître tout en évitant ses manifestations « inhumaines ». Investir dans la connaissance de l’altérité avant d’y être confronté permet une authentique découverte et de plus riches rencontres. De même qu’on apprend quelquefois des mots élémentaires de la langue étrangère pour obtenir un service ou demander un renseignement, il est très utile de se préparer aux différences de moeurs ou de religions. La notion même de responsabilité, si l’on en fait la pierre angulaire du tourisme éthique, implique la connaissance d’autrui. Les propos, les gestes, les comportements sont très différents s’ils sont préparés à la rencontre de l’autre. Autrement dit, le tourisme éthique ne doit pas se formuler dans des listes d’interdits et d’impératifs, à la manière des codes de bonne conduite. Il lui suffit d’énoncer quelques principes d’où se déduisent nécessairement des manières de bien ou mal agir. La sollicitation des consciences est plus décisive qu’un mémorandum restrictif. Ce dernier ne pourra jamais être exhaustif tant les situations différentes sont nombreuses. Dans un pays comme la France où règne la mentalité tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, le caractère fastidieux et partiel des recommandations détaillées nous semble moins efficace que ce principe de connaissance. C’est pourquoi le programme Strabon est entièrement focalisé sur la connaissance des pays méditerranéens et sur les technologies qui permettent d’y accéder et de la diffuser. Une différence majeure entre le touriste et les habitants du pays d’accueil réside dans le niveau de vie. Le touriste est informé des taux de change mais souvent très mal renseigné sur ce que signifie un euro dans le pays où il séjourne. Il comprend que le coût de la vie est peu élevé et apprécie le bas prix d’un restaurant ou d’un objet traditionnel. Cette perception, productrice de plaisir, doit être complétée par des éléments significatifs sur le niveau de vie de la population concernée (salaire moyen, pouvoir d’achat, PIB par habitant). Il ne s’agit pas d’une connaissance intellectuelle mais d’un savoir qui peut orienter les comportements les plus communs. En effet, le séjour touristique est marqué par des actes d’achats de biens et services. Dans le monde méditerranéen, la pratique du marchandage est largement répandue. Elle est souvent considérée comme un jeu par le touriste qui se met parfois en compétition avec ses proches. Cette pratique s’effectue avec la complicité des commerçants locaux. Mais elle devient très contestable quand elle concerne des services : c’est en ce sens que le touriste doit avoir une bonne intelligence de ce que signifie ou pèse un euro dans le pays où il séjourne. Une deuxième différence est enveloppée par le statut du touriste lui-même : le touriste est dans une activité de loisirs quand les hommes et femmes auxquels il est confronté sont dans une situation de travail. Cette différence est immédiate et souvent vécue dans le pays de résidence, où sont également pratiquées des activités de loisirs. Mais dans le cas du touriste, c’est l’ensemble de sa vie à l’étranger qui constitue un loisir. Dans l’idée que ses vacances sont bien méritées, le touriste peut s’installer dans des comportements qui le conduisent à s’abstraire du contexte de travail dans lequel il évolue. Dans les pays développés, la valorisation du client roi - dont les exigences peuvent parfois le faire souffrir dans son activité professionnelle courante - accroît la conviction que le touriste est roi face aux prestataires de services auxquels il est confronté. Les critères de qualité, les normes du service, les formulations attendues sont différentes selon les pays. La troisième différence découle des deux précédentes : le touriste est objet d’une représentation qui n’est pas neutre. Chacun sait localement les différences de niveau de vie, le statut des vacanciers, la recherche du plaisir dans le séjour touristique. Ses comportements dépassent sa simple personne. Il engage souvent l’image de son pays, lui, comme ses enfants. Certes, le touriste ne transforme pas l’économie du pays dans lequel il séjourne et il n’engage guère sa responsabilité sur ce plan. Il rencontre, il échange avec des personnes sur lesquelles tous ses actes ont des conséquences. Les enjeux économiques du tourisme sont connus comme décisifs dans la plupart des pays où séjournent les touristes. Le touriste sait que ces pays ont besoin de lui. Cette conviction peut le porter à des exigences excessives et à un sentiment de supériorité qui entraînent des comportements méprisants ou dédaigneux. Le programme Strabon met au coeur de ses préoccupations la valorisation du patrimoine culturel des pays appartenant à la zone méditerranéenne. Il le fait en plein accord et collaboration avec les pays où séjournent les touristes. Il serait très bien illustré par ce propos de Pierre Joliot : « Il est de la responsabilité de tous de veiller à ce que les nouveaux moyens de diffusion de l’information se traduisent par un enrichissement, et non un appauvrissement du patrimoine culturel mondial. » (in La recherche passionnément). Le patrimoine fait souvent partie du programme établi pour les séjours touristiques. Il y a des monuments qu’il faut avoir vu. Mais au-delà des visites rituelles, de caractère presque obligatoire, le patrimoine culturel est porteur d’un sens qui constitue une dimension particulière du tourisme éthique. En effet, ce patrimoine témoigne d’une civilisation, d’une histoire et d’une culture respectables. Il permet une attitude que Teilhard de Chardin nommait la décentration. A ce titre il relève pleinement des démarches susdites : connaissance de l’altérité et conscience des différences. Les pays de résidence sont eux-mêmes dotés d’un patrimoine culturel dont s’enorgueillissent, à juste titre, les touristes. Dans l’espace méditerranéen, la richesse des cultures et de leurs productions esthétiques s’impose comme un élément décisif dans le plaisir que prend le touriste durant son séjour. De ce point de vue, le patrimoine culturel est un élément de reconnaissance très important qui permet d’apprendre à respecter l’autre. Il fait prendre conscience de la relativité des développements historiques. La plupart du temps, il montre les filiations entre ces civilisations étrangères et les nôtres. Ainsi l’humanité apparaît-elle dans une continuité spatiale et temporelle souvent inconnue des touristes. Conclusions Ces quelques réflexions ciblées sur le comportement des personnes n’ignorent par les voyages collectifs et organisés. Elles ont vocation à être utilisées par tous ceux qui comptent des touristes parmi leurs clients. Ils ont des responsabilités particulières qui consistent précisément à préparer leurs clients, les touristes, aux responsabilités qui sont les leurs durant leur séjour. Ils constituent certainement les meilleurs relais pour le développement du tourisme éthique. Leurs conseils et l’organisation des séjours sont déterminants pour que le tourisme éthique ne reste pas un vain mot.
Les figures de l’altérité
La question de la différence de situation
La notion de Patrimoine culturel



